Vous adresserez au greffe du tribunal une requête à fin d'injonction de payer sous laquelle sera rédigée l'ordonnance et ajouterez à votre requête tous les documents justifiant votre créance. La qualité et la clarté du dossier (justificatifs de la créance, copie des lettres de relance, avis de réception...) sont prépondérantes, d'autant plus que votre débiteur ne sera pas entendu par le juge.

Vous ne manquerez pas d'évaluer précisément votre créance (le principal, les intérêts, les accessoires).

Vous pouvez aussi demander qu'en cas d'opposition de votre débiteur, l'affaire soit immédiatement renvoyée devant la juridiction que vous estimez compétente (art. 1408 du C.P.C.). La portée de cette disposition est toutefois limitée en pratique parce qu'il est communément admis par la jurisprudence que le tribunal initialement saisi reste compétent jusqu'au terme de l'affaire, d'autant plus que depuis 2013, le président du TGI est habilité à rendre des ordonnances d'injonction de payer (montant supérieur à 10.000 €). Par ailleurs, en cas d'opposition du débiteur, il s'avère parfois préférable de mettre volontairement un terme à l'injonction de payer pour entamer une nouvelle procédure rapide, telle que l'assignation en référé.

Si votre requête est acceptée, le juge rendra une ordonnance portant injonction de payer. Le juge peut également satisfaire partiellement votre demande en fixant la créance à un montant inférieur à votre évaluation. Veiller par conséquent à ce que les intérêts soient bien calculés et à ce que la somme sollicitée au titre de l'article 700 du C.P.C. ne soit pas exagérée. Le juge a également la faculté d'ajourner sa décision s'il estime votre dossier incomplet. Il fixera alors un délai vous permettant d'y joindre les pièces manquantes. Cette disposition demeure cependant fort théorique, un dossier incomplet étant généralement rejeté.

Une fois l'ordonnance en votre possession, vous devrez la signifier par huissier à votre débiteur dans les SIX MOIS suivants son prononcé, mais il est bien évident que votre intérêt sera d'agir sans attendre. C'est à partir de cette signification que court le délai d'UN MOIS durant lequel votre débiteur peut exercer sa voie de recours, l'opposition, également appelée contredit.

Attention toutefois : contrairement à toutes les autres décisions de justice, l'ordonnance portant injonction de payer doit, dans la mesure du possible, être signifiée à personne, c'est à dire remise en mains propres au débiteur. En effet, le délai d'un mois dont dispose le débiteur pour faire opposition ne court qu'à partir du moment où il a personnellement pris connaissance de l'ordonnance du juge. Pour plus de précision, voyez ci-contre "Remarque relative aux délais d'opposition".