La nature incontestable de votre créance devrait vous conduire à opter pour une procédure simple et rapide, telle que l'injonction de payer (la plus simple) ou l'assignation en référé (la plus rapide). Votre choix sera essentiellement fonction de l'attitude prévisible de votre débiteur, lorsqu'il recevra un premier acte judiciaire.

La mise en œuvre d'une injonction de payer ne nécessite pas l'intervention d'un huissier. Elle est donc quasiment gratuite. Il vous suffit d'adresser votre requête au juge compétent, accompagnée des pièces justificatives. Le juge rendra une ordonnance sans entendre préalablement les parties. Le débiteur ne pourra donc pas faire valoir ses arguments. L'ordonnance rendue par le juge devra lui être signifiée par voie d'huissier. Il disposera à partir de ce moment d'un délai d'un mois pour y faire opposition. S'il fait opposition, votre démarche aura été vaine. La procédure se transformera alors en procès "traditionnel" et vous aurez perdu tout le bénéfice de l'injonction de payer, si simple et si rapide... lorsque le débiteur reste inerte !

La mise en œuvre du référé est plus contraignante, car outre les frais d'huissier occasionnés par la signification d'une assignation au débiteur, cette démarche aboutit à brève échéance (environ 15 jours, sauf encombrement du tribunal) à une audience contradictoire au cours de laquelle votre débiteur pourra faire valoir ses arguments. Mais contrairement à l'injonction de payer, la décision rendue par le juge sera immédiatement exécutoire, même si le débiteur devait en faire appel.

Si votre débiteur est coutumier des procédures de recouvrement, si vous pensez qu'il fera opposition à une ordonnance portant injonction de payer, s'il est assisté d'un avocat, alors l'assignation en référé sera préférée.

Si par contre votre débiteur n'a jamais réagi à vos courriers, s'il donne l'impression de "laisser-aller", alors l'injonction de payer pourra être tentée. En pratique, les particuliers négligent souvent de faire opposition à une ordonnance portant injonction de payer, car ils n'imaginent pas que l'un puisse être condamné irrévocablement par un tribunal sans jamais y avoir été convoqué.  Par contre, on pourrait penser que les commerçants ne manquent que rarement de faire opposition à l'ordonnance. La réalité est bien plus nuancée.