Il va de soit que le débiteur pourra s'opposer à l'ensemble de vos demandes et même solliciter votre condamnation à des dommages-intérêts pour procédure abusive, situation qui se rencontre très rarement en pratique.

Il peut d'abord contester la réalité même de votre créance : Il soutiendra que la marchandise que vous lui avez livrée n'est pas conforme à sa commande ou qu'elle est dégradée; il affirmera que le prix a été payé conformément aux termes du contrat ; il niera que vous avez rempli vos obligations en se fondant sur l'absence de preuve (pas de bon de livraison, par exemple) ; il demandera au tribunal de constater que votre démarche est frappée de prescription ou même de forclusion (un problème récurant en matière de crédit à la consommation)...

Le débiteur peut aussi contester le montant de la créance en faisant état d'un paiement partiel, d'un calcul erroné des intérêts, d'une mauvaise interprétation de certaines clauses du contrat...

Le cas échéant, le juge pourra ordonner une expertise avant de se prononcer définitivement.

Le débiteur pourra tenter d'invoquer la prescription ou le défaut d'information préalable dont il aurait été victime. Ces point sont traités dans le cadre de consultation virtuelle que vous propose CREANCE+ (démarches préalables).

Subsidiairement à sa demande de débouté (le rejet de votre demande) ou s'il a le sentiment que le juge ne retiendra pas ses arguments, le débiteur pourra demander des délais ou un report de paiement qui seront appréciés en fonction de la situation respective des parties, de l'ancienneté de la créance et de la bonne foi du débiteur (art. 1244-1 du code civil - article 1343-5 à compter du 1er octobre 2016).

S'il semble de bonne foi, si ses difficultés de trésorerie sont passagères, si l'obtention de délais de paiement ne vous porterait pas réellement préjudice, alors le juge sera tenté d'accorder des délais à votre débiteur. Vous y opposer risquerait même de vous être préjudiciable : si le débiteur sollicite un délai raisonnable pour s'acquitter de sa dette et que vous vous y opposez systématiquement et par principe, le juge pourrait lui accorder le délai maximum prévu par la loi, soit deux ans, alors qu'un accord lors de l'audience au tribunal aurait peut-être pu intervenir sur une période plus courte.

Par contre, vous insisterez au prêt du juge pour que la déchéance du terme accompagne l'octroi de délais. Ainsi, le non-respect d'une seule échéance vous permettra d'exiger immédiatement l'intégralité de votre créance et le cas échéant, de faire pratiquer toutes saisies à l'encontre de votre débiteur sans devoir une nouvelle fois saisir le tribunal. Il vous suffira de faire signifier à votre débiteur un commandement de payer par voie d'huissier.