Pour que la décision du tribunal puisse être exécutée, le bailleur devra la signifier au locataire. Si le locataire a obtenu de délais de paiement, il ne pourra pas être expulsé, sauf s'il ne devait respecter les délais et ou ne pas payer le loyer courant.

Si l'expulsion est prononcée, le bailleur s'adressera à un huissier de justice pour lui demander d'exécuter cette décision. À cet effet, l'huissier demandera à la Préfecture de police le concours de la force publique. S'il lui est refusé, l'huissier ne procédera pas à l'expulsion et le bailleur n'aura d'autre recours que de demander à l'administration de le dédommager, le cas échéant dans le cadre d'une action devant le tribunal administratif. Il est curieux de constater que l'autorisation administrative d'assistance de la force publique est obtenue facilement, pour ne pas dire systématiquement dans certains départements et beaucoup plus difficilement dans d'autres. Un refus du Préfet ou du sous-préfet peut mettre le bailleur dans une situation périlleuse, notamment si le locataire (devenu occupant sans droit ni titre) est totalement insolvable et ne s'acquitte pas de l'indemnité d'occupation se substituant au loyer.

En outre, rappelons que même si le bail est résilié et l'expulsion prononcée, le locataire peut obtenir des délais pour quitter les lieux, notamment si son relogement n'est pas assuré dans des conditions normales, selon les termes de la loi (articles L.412-3 et suivants du Code des procédures civiles d'exécution). Si le locataire n'a pas obtenu un délai devant le tribunal d'instance qui a prononcé son expulsion, il peut encore le demander devant le juge de l'exécution.

Les loyers impayés, ainsi que l'indemnité d'occupation des lieux due au bailleur entre la date de résiliation du bail fixée par le tribunal et le départ effectif des lieux, peuvent donner lieux à toutes les voies d'exécution habituelles (saisie des biens, du compte bancaire, des rémunérations...). Le bailleur dispose de trente ans pour procéder à cette exécution.

Si l'expulsion intervient, les meubles laissés sur place seront remis, aux frais de la personne expulsée, en un lieu que celle-ci désigne. A défaut, ils sont laissés sur place ou entreposés en un autre lieu approprié et décrit par l'huissier. Celui-ci fera sommation à la personne expulsée d'avoir à les retirer dans un délai d'un mois à compter du procès-verbal d'expulsion qui sera remis ou signifié au locataire.

A l'expiration de ce délai et sur autorisation du juge de l'exécution, lesdits meubles seront vendus aux enchères publiques, le produit de la vente étant remis au locataire après déduction des frais et de la créance du bailleur. Si les biens ne sont pas susceptibles d'être vendus, ils pourront être déclarés abandonnés par le juge de l'exécution.