Le tribunal d'instance se veut être la juridiction des petits litiges, ce qui suppose une procédure simplifiée et un formalisme réduit permettant au justiciable de se défendre sans avocat.

Pour que cette vocation se traduise dans les faits, encore faut-il que le litige ne présente pas de complications juridiques particulières et que le juge y mette du sien, certains magistrats faisant plus que d'autres l'effort de rendre l'audience intelligible pour le néophyte.

Comme devant toute juridiction, le demandeur (le créancier, en l'espèce) prendra la parole en premier, suivi du défendeur. Le cas échéant, chacune des parties pourra formuler d'autres observations ultérieurement. À la fin de l'audience, chacune des parties remettra ses pièces au juge (utilisez un dossier avec des sous-chemises contenant les différentes catégories de pièces classées chronologiquement). 

Vous devez toutefois vous attendre, notamment si votre adversaire a constitué avocat, à ce qu'il sollicite le renvoi à une date ultérieure, renvoi qui ne lui sera pas refusé. L'utilisation du renvoi, notamment dans procédures au fond et en l'absence de toute situation d'urgence, est une méthode couramment utilisée par les avocats pour retarder l'issue du procès. Vous pourrez tenter de vous y opposer, arguant du caractère purement dilatoire de la démarche, mais ne vous faites guère d'illusions : Deux renvois, si ce n'est trois seront obtenus sans difficulté par l'avocat de votre adversaire (plus difficilement par lui-même s'il se défend seul).

Si le juge estime ne pas disposer de tous les éléments lui permettant de rendre sa décision, il peut ordonner une mesure avant dire droit, en d'autres termes, une expertise, un constat ou une enquête. Les frais d'expertise seront avancés par le demandeur, mais il pourra les récupérer en fin de procédure, le perdant étant condamné aux dépens, lesquels incluent les frais d'expertises.

Si votre débiteur ne se présente pas à l'audience et que votre demande paraît fondée, le tribunal le condamnera immédiatement au paiement de sa dette. Seule une dette locative autorise le juge à suspendre d'office (sans même qu'il le demande et donc même en son absence) la clause résolutoire du bail afin d'éviter sa résolution définitive et donc l'expulsion du locataire. Une telle décision a également pour effet d'accorder des délais de paiement au locataire.

L'absence du débiteur pourrait conduire le juge à renvoyer l'affaire, mais s'il a été régulièrement cité devant le tribunal (assignation signifiée à son domicile, sur son lieu de travail, chez un tiers, à l'étude de l'huissier, au dernier domicile connu...), la justice pourra suivre son cours et la condamnation intervenir.