À l'inverse des autres mesures d'exécution, la saisie des rémunérations nécessite une audience devant le Tribunal d'instance du domicile du débiteur (ou de l'employeur si l'adresse du débiteur est inconnue). Le juge est saisi par requête adressée ou déposée au greffe, lequel convoquera les parties.
 
 Les parties peuvent se présenter seules le jour de l'audience, en veillant simplement à justifier de leur identité. Elles peuvent également se faire représenter par tout mandataire de leur choix, auquel il faudra toutefois remettre une procuration spécifique à ladite audience. Seuls les avocats et les officiers ministériels (huissiers de justice) sont dispensés de procuration.
 
 L'audience contradictoire devant le juge débute par une tentative de conciliation, afin d'éviter au débiteur de porter ses difficultés financières à la connaissance de son employeur. Si le créancier accepte des promesses de paiements échelonnés, la saisie n'interviendra pas. A défaut, le débiteur n'échappera à la saisie qu'en s'acquittant de l'intégralité de sa dette.
 
 Le créancier peut également intervenir dans la procédure, si les rémunérations du débiteur sont déjà saisies par un autre créancier. Les parties ne seront alors pas convoquées à une nouvelle audience de conciliation et les montants saisis seront répartis entre les saisissants, proportionnellement au montant de chaque créance.
 
 Lorsque le créancier fait pratiquer une saisie des rémunérations, l'employeur est tenu d'adresser chaque mois la quotité ou fraction saisissable au greffe du tribunal d'instance. Si un seul créancier a fait pratiquer ce type de saisie, le greffe lui adressera rapidement un chèque correspondant à ce montant. Si par contre d'autres créanciers ont fait pratiquer cette mesure, le régisseur du tribunal ne paiera les créanciers qu'à l'issu d'audiences de répartition se déroulant deux à trois fois par an.
 
 La saisie des rémunérations prend fin, soit d'un commun accord entre les parties, soit lorsque la dette est entièrement payée.
 
 Si les sommes saisies devaient dépasser le montant de la créance, le débiteur pourrait se retourner contre le créancier en répétition de l'indu. Cette situation est notamment susceptible de se présenter lorsque plusieurs codébiteurs solidaires (coemprunteurs, époux...) font l’objet d’une saisie de leurs rémunérations.