La saisie-vente peut être pratiquée par un huissier de justice au bénéfice d’un créancier titulaire d’un titre exécutoire (en général, il s’agit d’une décision de justice ayant condamné le débiteur à payer). Elle est définie aux articles L221-1 et suivants du CPCE.
La loi impose une
autorisation préalable du juge de l'exécution lorsque les biens se trouvent au
domicile principal d'un tiers.
Pour que la saisie-vente puisse être mise en œuvre, le créancier devra non
seulement localiser les biens du débiteur, mais aussi s’assurer qu'il en est le
propriétaire. Si l'huissier se présente au domicile du débiteur et que celui-ci
prouve, factures à l'appui, que les biens saisissables appartiennent à sa
concubine ou sa conjointe mariée sous le régime de la séparation de biens, il ne
pourra que rebrousser chemin sans effectuer la moindre saisie. Il en va de même
du recouvrement commercial. Par exemple, les véhicules en réparation chez un
garagiste débiteur ne pourront être saisis.
Si l'huissier saisit les biens par erreur et même s'ils ont déjà été enlevés par
le commissaire-priseur, leur propriétaire pourra intenter une action en
revendication spécifique à la saisie-vente, appelée action en distraction,
prévue par les
articles
R221-51 et R221-52 du CPCE. Cette procédure, qui se déroule
devant le juge de l'exécution, est ouverte au tiers qui se prétend propriétaire
aussi longtemps que les biens ne sont pas vendus. La procédure est dirigée
contre le créancier qui a fait pratiquer la saisie et contre le vrai débiteur,
c'est-à-dire celui qui a véritablement contracté la dette pour laquelle la
saisie a été effectuée. L’assignation en distraction sera par conséquent
délivrée par la personne injustement saisie à la fois au débiteur et au
créancier.
Après la vente, seule une « classique » action en revendication pourra être mise en œuvre par la personne
injustement saisie, dans un contexte difficile et avec une issue souvent
incertaine.
Notons que si, à la suite de la vente judiciaire, le prix de la vente n'a pas
encore été distribué aux créanciers, le propriétaire injustement saisi pourra
intenter une action en distraction du prix (et non des biens). Cela revient à se
faire verser le prix de la vente judiciaire de ses propres biens, prix souvent
dérisoire qui ne saurait consoler le propriétaire !